أستاذ جامعي وباحث نووي وإقتصادي

Compteurs individuels : les propriétaires de générateurs se rebiffent

Philippe Hage Boutros

Le bras de fer entre les propriétaires de générateurs privés et l’État aura-t-il lieu ? Tout semble tendre vers ce scénario à l’issue de la conférence organisée hier au Palais des congrès de Dbayé par le « Rassemblement des propriétaires de générateurs privés au Liban », un mouvement regroupant les représentants de ces exploitants dans toutes les régions du pays. Plus de 500 personnes étaient présentes, principalement des propriétaires de générateurs et leurs proches.  Selon le coordinateur des comités de générateurs du Metn, Dany Odisho, ce mouvement a été créé « il y a quinze jours », en réaction à l’arrêté publié le 1er août par le ministre de l’Économie et du Commerce, Raëd Khoury, pour renforcer le contrôle du gouvernement sur ce secteur.L’arrêté impose notamment aux exploitants d’installer des compteurs personnels chez leurs abonnés avant fin septembre, afin de calculer leurs factures en tenant compte de leur consommation réelle, au kilowattheure. Le mode de calcul actuel imposé par le ministère de l’Énergie et de l’Eau privilégie une facturation forfaitaire sur une base d’une puissance de 5 ampères. La décision visée par les propriétaires de générateurs s’inscrit en outre dans le sillage d’une initiative lancée en mai par le ministère de l’Économie – auquel est rattachée la direction de la protection du consommateur – et de celui de l’Énergie – dont dépendent directement les propriétaires de générateurs. « Chantage à l’électricité »
« Nous souhaitons que le gouvernement annule cette décision qui comporte de nombreuses zones d’ombre ; qu’il revienne sur le mode de calcul des tarifs ; et qu’il consulte les propriétaires de générateurs sur la question des compteurs », a encore indiqué M. Odisho, résumant l’ensemble des revendications du mouvement pendant la conférence. Il ajoute également « que presque aucun compteur n’a encore été installé » et assure que les propriétaires de générateurs sont prêts au dialogue. « Une réunion est prévue samedi avec le ministère de l’Énergie. Nous solliciterons ensuite M. Khoury », a conclu M. Odisho. Contactés par L’Orient-Le Jour, les services de presse des deux ministères concernés n’ont pas réagi.Bien qu’illégaux, les exploitants de générateurs privés sont tolérés par des pouvoirs publics qui sont sans solutions depuis des années pour combler le déficit de production d’Électricité du Liban, l’établissement public qui détient le monopole de la production. « Aujourd’hui, plus de 7 000 familles, selon les chiffres annoncés pendant la conférence, dépendent de ces professionnels qui produisent un total cumulé de 1 500 mégawatts supplémentaires », constate l’économiste Jassem Ajaka, présent sur place. « Je ne défends pas ces exploitants, mais j’appelle l’État à les inclure dans les plans de réforme du secteur de l’électricité dans le pays, notamment par le biais d’un partenariat public-privé », a-t-il poursuivi.Selon sa direction, EDL est capable de produire 2 200 MW, mais importe 300 MW de Syrie et loue depuis 2013 à la société Karadeniz deux navires-centrales qui produisent 370 MW. Le gouvernement a en outre ordonné, le 15 septembre, le lancement d’un appel d’offres pour la location de deux barges supplémentaires de 400 MW chacune. L’ouverture des plis est prévue le 13 octobre. Selon plusieurs propriétaires de générateurs, ces solutions sont toutes plus coûteuses que si l’État leur permettait de suppléer EDL. Les propriétaires de générateurs ont, en outre, particulièrement critiqué pendant la conférence le système de tarification mis en place depuis 2010 par le ministère de l’Énergie qui évolue en fonction de la moyenne mensuelle du rationnement et des prix du mazout. Ils dénoncent notamment « un mode de calcul opaque, et parfois contradictoire avec l’évolution des cours du carburant », et lui reprochent de « ne pas tenir compte de leurs frais de fonctionnement ». Des défauts que le nouveau mode de calcul imposé par le ministère de l’Économie ne gomme pas, selon eux.Il reste que la mobilisation des propriétaires de générateurs est plutôt mal vécue par certains de leurs abonnés qui dénoncent ces revendications. « Ces exploitants ont pratiqué des prix prohibitifs pendant des années sans aucun contrôle, avant que le gouvernement ne se décide à tenter d’encadrer leurs prix », déplore l’un d’eux, sous couvert d’anonymat. Il dénonce également « le chantage à l’électricité brandi par certains propriétaires, dès que les abonnés demandent des explications sur les montants, souvent excessifs, qu’ils réclament pour alimenter les partie communes », ou encore « la faible intensité du courant fourni ».

Source: L’Orient-le-Jour

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